Bangladesh : la loi des armes
Alternatives Internationales n° 022 - mars 2005
Après les partis politiques et les journalistes, les ONG. La violence, endémique au Bangladesh, a frappé deux des principales associations de développement du pays, le Brac (Bangladesh Rural Advancement Committee) et la Grameen Bank, les 15 et 16 février. Huit de leurs employés ont été blessés dans ces attaques à la bombe. Les soupçons des ONG, dont les projets promeuvent l'émancipation des femmes et qui sont en partie financées par des bailleurs occidentaux, se sont portés sur des groupuscules islamistes très actifs dans le pays. Ces attaques interviennent dans un climat politique délétère marqué par des affrontements incessants, et parfois sanglants, entre les deux principales formations politiques du pays, le BNP (Parti nationaliste du Bangladeh) dirigé par le Premier ministre Khaleda Zia et la Ligue Awami, menée par son éternelle rivale, Sheikh Hasina. Cette dernière a échappé à une attaque à la grenade en août dernier, mais l'un des leaders du parti, l'ancien ministre des finances, Shah AMS Kibria a succombé à un attentant similaire fin janvier lors d'un meeting du parti. La rivalité stérile des deux partis bloque le jeu politique, mais surtout fait le jeu des partis islamistes, légaux ou pas, alors que l'économie du pays est menacée par la fin récente des accords multifibres lesquels garantissaient les exportations de textile vitales pour le Bangladesh.
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