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Corinne Moncel
Alternatives Internationales n° 029 - novembre 2005
Esclavage domestique, travail forcé, tourisme sexuel, prostitution, commerce d'organes: le trafic des êtres humains est, après celui de la drogue et des armes, le plus lucratif. Quand le libre-échange ne concerne pas que biens et capitaux.
C'est la face sombre de la mondialisation. Celle qui, derrière les discours sur le libre-échange et l'intégration des économiques nationales, cache une réalité sordide: le développement du trafic des êtres humains, qui s'est installé tout près de chez nous. Victime de mendicité forcée, le petit Roumain qui, hier, nous a demandé l'aumône. De travail forcé, ces travailleurs asiatiques courbés nuit et jour sur leur machine à coudre, dans les ateliers parisiens clandestins. D'esclavage domestique, l'"employée de maison" éthiopienne ramenée par des diplomates en poste en Europe. De transaction commerciale, le bébé que, de leur propre aveu, des voisins ont acheté au Vietnam. D'exploitation sexuelle, les prostituées africaines et d'Europe de l'Est du bois d'à côté.
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