Commentaire:
Dans l'esprit de Milton Friedman, il s'agissait d'affirmer que, au-dessous d'un certain seuil, l'Etat vous donne de l'argent, au-dessus, il vous en prend: d'où ce terme d'impôt négatif, l'aide sociale étant maximale lorsque la personne ne perçoit aucun revenu, puis se réduisant pour s'annuler au niveau du seuil, et se transformer, au-delà du seuil, en un impôt progressif. Dans son esprit, dégressivité de l'aide sociale et progressivité de l'impôt allaient donc de pair, au fur et à mesure que le revenu de la personne augmentait. Le mécanisme s'est concrétisé quelques années plus tard, dans ce qui est devenu depuis l'Earned Income Tax Credit (EITC, crédit d'impôt sur les revenus perçus), mais sans la suppression de tous les autres revenus sociaux qui, dans la proposition de Friedman, devait aller avec. Car sa proposition, avant d'être sociale, visait à simplifier l'ensemble complexe des aides sociales (Food Stamps –bons de nourriture–, prise en charge des cotisations d'assurance maladie pour les personnes âgées, etc.). En France, le RSA(revenu de solidarité active) et la PPE (prime pour l'emploi) peuvent être considérés d'une certaine manière comme l'équivalent d'un impôt négatif.
A lire également:
Gilles Dostaler, «Milton Friedman, croisé du libéralisme», Alternatives Economiques n°228, septembre2004. - cliquez ici.