
Consensus de Washington
Nom fréquemment donné à un ensemble de stipulations libérales caractérisant, selon les organismes financiers internationaux, les bonnes politiques de lutte contre le surendettement de certains pays du Sud: ouverture des frontières, dévaluation de la monnaie nationale, privatisations et réduction des dépenses publiques. Commentaire: Washington est le siège du Fonds monétaire international(FMI), de la Banque mondiale et du Trésor public américain: le «consensus» en question désigne l'accord informel conclu en 1989 entre ces trois institutions afin de favoriser des politiques libérales destinées à contraindre les pays concernés à laisser jouer les mécanismes du marché. L'analyse sous-jacente à ce «consensus» est donc que les crises de surendettement sont liées à des politiques publiques inadéquates, qui empêchent les pays concernés de jouer de leurs avantages comparatifs et les amènent à dépenser l'argent public de façon inconsidérée: les mécanismes du marché devraient empêcher ces «dérives». Joseph Stiglitz, ancien vice-président de la Banque mondiale (et «prix Nobel d'économie» en 2001) a démissionné de cette institution pour dénoncer cette orientation, en raison de «l'incapacité à comprendre les subtilités de l'économie de marché, que la propriété privée et le «bon niveau» des prix (la libéralisation) ne suffisent pas à faire fonctionner» (L'Economie politique n°5, 1ertrimestre2000, page13). Les conséquences sociales de ces politiques libérales dans les pays du Sud, d'une part, la crise financière de 2008 dans les pays du Nord, d'autre part, ont mis à mal ce «consensus», dont il faut désormais plutôt parler au passé.
Date de mise à jour : 22/01/2010
A lire également: Joseph Stiglitz, «Vers un nouveau paradigme pour le développement», L'Economie politique n°5, janvier2000. - cliquez ici. Jean Coussy, «L'économie politique à la Banque mondiale: la fin des exclusives?», L'Economie politique n°30, avril2006. - cliquez ici.
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