12% des allocataires du RMI sont en emploi
La lettre de l'insertion n° 127 - juillet 2006
Que sont devenus, début 2003, les allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI) et de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) présents dans l'un de ces deux dispositifs fin 2001 ? Une enquête des ministères de l'Emploi et de la Santé (1) montre que, fin 2001, 12% des allocataires du RMI et 13% de ceux de l'ASS étaient en emploi. Une situation liée principalement au dispositifde l'intéressement, qui permettait alors de cumuler partiellement, durant un an (ou davantage, tant que le nombre d'heures travaillées n'avait pas atteint 750 heures), revenus d'activité et allocation sociale (2). Mais cette situation est également liée, pour certains allocataires, au fait que leurs revenus d'activité n'atteignent pas le montant du RMI (emplois à temps très partiel ou ménages ayant beaucoup de personnes à charge) et qu'une fraction de cette allocation leur est versée pour compléter leurs revenus d'activité trop faibles. Ce qui montre l'étendue du « halo du chômage » : beaucoup de personnes paupérisées ont en fait un pied dans le marché du travail (même s'il s'agit d'emplois aidés), mais pas au point de pouvoir se passer de la béquille du revenu social.
Début 2003, 13% des allocataires de 2001 ne sont plus au RMI et travaillent. 12% sont également en emploi mais toujours au RMI. Dans le cas de l'ASS, les chiffres sont respectivement de 11% et 10% (voir schémas ci-contre). L'écart est minime, mais significatif: les allocataires de l'ASS sont très majoritairement des demandeurs d'emploi âgés, et l'on sait que, sur le marché du travail actuel, cumuler deux « handicaps » l'âge et la durée de la recherche d'emploi complique le retour à l'emploi. Aussi n'est-il pas étonnant que l'emploi occupé par ces allocataires de l'ASS un an après soit fréquemment un emploi aidé (39% des allocataires de 2001 qui travaillent en 2003 sont en contrat emploi solidarité ou consolidé) ou en emploi non aidé mais temporaire (intérim: 9%, CDD: 24%). Seuls 12% de ceux qui sont en emploi ont retrouvé un CDI hors contrat aidé. Les autres sont à leur compte, en stage ou en emploi auprès de particuliers. Pour les allocataires du RMI de 2001 qui travaillent en 2003, les emplois aidés (32%) et l'emploi temporaire non aidé (29%) sont également fréquents, mais les CDI hors contrat aidé sont nettement moins rares (18%). En d'autres termes, le RMI n'est pas une impasse. Le problème est la qualité des emplois sur lesquels il permet de déboucher.
Denis Clerc
(1) Voir « Conditions de vie et accès à l'emploi des bénéficiaires de minima sociaux », Données sociales, Insee, 2006.
(2) Ce dispositif a depuis été réformé par la loi du 23 mars 2006. Toutefois, les décrets d'application n'ayant pas encore été publiés, l'ancien système continue de s'appliquer. Sur le nouveau dispositif, voir LIAE no 123, mars 2006.
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