" Les économistes arrivent bien souvent après la bataille "
Entretien avec Daniel Cohen, professeur d'économie à l'Ecole normale supérieure et chercheur au Cepremap
Propos recueillis par Christian Chavagneux
Alternatives Economiques Hors-série n° 057 - mai 2003
par Christian Chavagneux
La révolution technologique, la richesse des données et leur facilité d'accès ont relégué la théorie économique au second plan. Ce qui explique le faible renouvellement de la pensée économique depuis vingt ans et le basculement dans l'empirisme.
Economiques: On trouve dans la pensée économique dominante des keynésiens qui adoptent des hypothèses néoclassiques, des néoclassiques qui s'intéressent aux institutions, etc. , ce qui donne l'impression d'un brouillage total du discours des économistes. Qu'en pensez-vous? Daniel Cohen: Cette critique doit être mise en vis-à-vis d'une autre, qui est parfois également faite aux économistes, qui serait celle d'un manque de pluralisme. Or, je pense effectivement que la tendance de la pensée économique dominante est celle que vous désignez. On a bien le sentiment qu'un nouvel éclectisme règne aujourd'hui dans la profession.
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